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La posture du manager au sein de son entreprise - Interview Radio Présence


 

Interview Jacques de Scorraille

Nathalie Cardon (NC) : C'est un deuxième entretien que je vous propose dans cette série de la semaine. Au micro, pour témoin et auteur, je reçois Jacques de Scorraille. Bonjour, vous êtes le fondateur du Cabinet Ecclésia RH et l'auteur de ce livre, qui est paru récemment aux éditions Artège : « Heureux comme un chrétien au travail », avec ce sous-titre : « Oui, c'est possible ! ».

Si on parlait de la posture, de la mission du manager aujourd'hui, en entreprise, tout d'abord d'une manière très positive.


Jacques de Scorraille (JS) : Le management est tout d’abord un service. Beaucoup vont être attirés par cette fonction de management car ils se sentent en capacité d’apporter un plus à l'organisation. Souvent cette attirance pour le management apparait après quelques années de collaboration. Le collaborateur commence à disposer d’un certain recul par rapport à son organisation et donc il se sent en capacité de prendre davantage de responsabilités pour faire avancer un collectif. Dans d’autres cas c’est le management en place qui remarque les qualités de tel ou tel. Le passage à une fonction de management qui s’appuie sur ces fondements est tout à fait positive.


NC : Alors quelles sont au fond les qualités premières du manager, pour devenir un bon manager en entreprise ?


JS : Un bon manager s’observe aussi dans les circonstances qui se présentent à lui. Dans certains contextes un manager peut révéler le meilleur de lui-même, mais dans un contexte différent il peut s’avérer un « mauvais » manager. D'une manière générale, si on essaie d'identifier des grands principes qui vont faire le « bon » manager, on pourrait dire qu'il a d’abord une dimension d'écoute. On en parlait lors de notre dernière émission : écoute des collaborateurs, écoute de la hiérarchie, écoute de ce qui se passe dans son environnement pour s'en imprégner, éclairer son jugement. Pour moi, cette écoute est une qualité majeure du manager.

Ensuite il y a un goût pour l'autre, un goût pour prendre en compte les problématiques des personnes avec qui je travaille. Le manager est sollicité par ses équipes en permanence et donc s’il fait passer ses contraintes d'emploi du temps en premier, finalement il fait peu de place à ses équipes. Un manager est essentiellement quelqu'un qui aime aider, qui aime être à l'écoute, qui aime recevoir les contraintes et les questions de ses équipes, qui aime apporter son éclairage, sans chercher à imposer son point de vue. Le manager sachant, qui à réponse à tout, est fatigant ! Je reviens à l’écoute comme qualité première : lorsqu’on lui apporte des questions, son écoute profonde lui permet d’apporter une bonne valeur ajoutée aux différents niveaux de la question.

On pourrait aussi citer ce sens du service qui est assez proche des deux précédentes qualités qui sont l'écoute et le goût pour l'autre. Ce sens du service fait que le manager a à cœur de prendre une situation en creux pour la faire progresser. Il a le souci du bien commun. Il est loyal avec sa hiérarchie et son organisation. Ces différentes qualités ne sont pas toujours évidentes. Il faut chercher à les cultiver. A ce titre le management est un exercice permanent qui nécessite de travailler sa posture générale d’attention à l’autre, d’être attentif à rester dans un équilibre d'humeur. Cet équilibre doit permettre de se réjouir quand il faut et d’éviter de pester ou de s'emporter quand les choses qui ne vont pas.


NC : Comment l'entreprise avec ses collaborateurs peut-elle avancer quand il y a méfiance, mensonge, manque de cohérence et de vérité au fond de la part de celui qui a autorité et qui manage son entreprise ?


Interview Jacques de Scorraille

JS : Dans la vie d’une organisation, le parler vrai est aussi très important. Parler vrai, de façon à ce que chacun ait une perception de la réalité qui soit la plus juste possible. Si on est effectivement dans le mensonge, dans le paraître, dans un rôle, on peut étouffer la parole, on peut étouffer l'expression de ses équipes et du coup, tomber « à côté de la plaque » parce qu’on n’a pas les éléments de fond d’une situation. Le parler vrai permet de dire les choses, c’est essentiel pour le bon fonctionnement d’une équipe et d’une entreprise.

Cela étant, si on rajoute la dimension chrétienne, la charité et la vertu de prudence nous recommandent de respecter cet adage bien connu selon lequel : « toute vérité est bonne à dire, mais il y a un moment et une façon pour la dire ».

Tout l'enjeu est de mettre de l'amour dans l'information que j'ai à donner, de manière à ne pas envoyer à la figure de l'autre ses quatre vérités et créer plus de dégâts que d’efficacité. Il y a une forme de sagesse, d'équilibre, de justesse à avoir, pour apprendre en tant que collaborateur, ou responsable hiérarchique, à se dire les choses d'une façon détendue, et sereine.


NC : Au fond, vous donnez une clef importante, le parler vrai en entreprise dans la posture du manager est capitale pour le bon fonctionnement de l'entreprise. Si le collaborateur n'ose pas prendre ce risque du parler vrai, comment s'y prendre ?


JS : Dans cette radio chrétienne l'Esprit Saint a normalement sa part. Mais c’est aussi le cas quelques soient les organisations. Quand j'ai quelque chose de difficile à dire, je prie. Je prie avant de parler pour demander à l'Esprit Saint de créer des circonstances pour que cette parole puisse être dite. Que cette parole soit positive, qu’elle permette d'ouvrir des voies. Maintenant il y a aussi des moments de « saintes colères ». Dans ces moments, il peut être important de taper du poing sur la table.

Par exemple, quand j’anime une formation sur la coopération, cela m'arrive de prendre un bout de papier, de le froisser et de l’envoyer à la figure d’un participant, pour montrer qu’à un moment donné il faut savoir montrer une limite à ne pas dépasser. Savoir mettre des limites est une bonne façon de se faire respecter.


BC : La posture du manager est aussi d’exercer une autorité, une juste autorité.


JS : C’est vrai, mais cela peut aussi venir d'un collaborateur qui doit aussi apprendre à dire les choses. Si je suis un « béni-oui-oui », qui se laisse faire, et qui se laisse écraser par l'environnement, en permanence, je n'existe plus. On retrouve la dualité authenticité et adaptation évoquée lors de notre précédent entretien. Si je suis trop authentique, les autres n'existent pas. Si je suis trop adaptable, je n'existe plus.


NC : Vous parlez d’équilibre ?


JS : Il y a un équilibre à trouver pour soi-même, qu'on soit collaborateur ou responsable hiérarchique, mais aussi entre moi-même et l'autre. La dimension chrétienne va intervenir à ce niveau-là. On va demander à l'Esprit Saint de nous guider dans une situation complexe pour nous aider à identifier le juste équilibre dans la relation. Il y a des moments où ça va passer par un temps de dialogue. En principe, c'est à 99% le cas. Et puis, par moments, il est nécessaire de marquer une autorité ou de marquer une limite avec son collaborateur ou son responsable, on est en droit de marquer une limite, cela fait partie du cadre général du travail.


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NC : Alors je vous ai demandé quel était le profil d'un bon manager. Quelle est la posture d'un bon collaborateur dans une entreprise pour, au fond, aider le manager dans sa mission ? Et qui dit ‘mission’ dans une entreprise, dit annonce et fécondité, aussi pour annoncer la Bonne Parole, L'Evangile en l'occurrence.


JS : Cela va vous surprendre, mais la réponse qui me vient à l’esprit est l'Eucharistie. En effet l’Eucharistie, est le lieu de la Communion. Pour revenir à votre question : comment être en communion avec mon collaborateur ? La réponse est simple : il va falloir se parler et avant de se parler, s’accueillir. Il faut donc que chacun ait dans son cœur un vrai désir d'accueillir l'autre tel qu'il est avec ses différences. C'est parce que je cherche à parler avec lui, que la Communion va se créer et qu'on pourra être envoyés ensemble. Le process comme chrétien est Eucharistique avec ses 4 temps : l’accueil, la parole, la communion, l’envoi. Ces quatre étapes sont celles de toute collaboration. En conclusion, orientons nos entreprises vers un management, une collaboration eucharistique et nous progresserons ensemble dans notre travail.


NC : On parle d'entreprise avec une couleur chrétienne, mais tous les collaborateurs ne sont pas forcément dans cette dynamique chrétienne, et sont donc dans l’impossibilité de pouvoir faire les démarches que vous venez de nommer, autour de l'Eucharistie. Avez-vous quelques clefs pour favoriser cette communion ?


JS : J'ai fait référence à l'Eucharistie, mais vous pouvez très bien utiliser ces quatre temps sans y faire référence. Je le répète, si je veux être en bonne collaboration avec quelqu'un, je vais commencer par l'accueillir, ensuite je vais lui parler, je vais chercher le terrain d'entente possible. Lorsqu’on a trouvé ce terrain d'entente possible, on peut travailler, être envoyés ensemble. Donc ces quatre temps sont universelles.


NC : Et dans la vérité.


JS : Et dans la vérité, avec toujours une certaine forme de savoir-faire pour parler avec justesse.


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