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Avoir peur de son ombre

Commençons l’année par nous interroger sur nos comportements, nos réactions et leurs ombres.


Il y a quelques jours mon dernier enfant a découvert son ombre. Découverte silencieuse, puis joyeuse et enfin anxieuse. Comment se débarrasser de cette chose noire qui nous suit toujours et dont on ne peut se débarrasser. Sa découverte apaisée, je me suis interrogé sur notre relation à nos propres ombres.



Vous avez peur de votre ombre ?


Je ne parle pas de celle de la lumière mais celle de nos émotions et nos humeurs. Le Père Jean Monbourquette, prêtre et psychologue Québécois définit l’ombre comme « tout ce que nous avons refoulé dans l’inconscient par crainte d’être rejeté par les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans notre éducation ».

Ce sont tous ces comportements, ces humeurs que nous avons essayé de gommer, consciemment ou inconsciemment, chez nous et qui nous exaspère profondément quand nous les détectons chez l’autre.



Vous auriez un exemple ?


Il y a une ombre que nous avons tous dû collectivement dépasser. « Le télétravail c’est plus télé que travail ». Projection mentale qui limitait l’acceptabilité du télétravail dans les entreprises avant le 16 mars. Comme j’ai besoin du contact physique des autres pour travailler, je ne peux pas concevoir qu’on puisse être efficace en n’étant pas au bureau, je considère donc que le télétravail c’est pour les tirs aux flancs. Le confinement a levé cette ombre. Par contre, une nouvelle est apparue sur le télétravail et la destruction du lien social.



Alors comment faire pour découvrir ses ombres ?


Ce n’est pas facile car ces ombres naissent et se développent dans nos refoulements, nos rejets. Et attention, y a toujours deux faces sur une pièce. Il n’y a pas d’ombre sans personnage. Pas de réaction sans déclencheur. Ce que nous idéalisons porte, en partie, l’ombre de ce que nous rejetons. Mais ce que nous rejetons n’est pas forcément l’ombre de ce que nous idéalisons. Pour découvrir nos ombres il faut s’interroger dans les deux sens. Qu’est-ce que nous idéalisons ? Et qu’est ce qui nous exaspère chez l’autre ? Et finalement qu’est-ce que cela dit de nous ?



On gomme tout et on se réinvente ?


Gommer certainement pas, au contraire, il faut les connaître, les apprivoiser. Se réapproprier ces éléments refoulés. Accepter la richesse et le potentiel de ces ombres pour mieux se connaître ce qui est toujours source de vitalité et de créativité.



Et quel avantage pour un manager ?


D’être plus juste, plus respectueux, plus humain dans sa relation à l’autre. Ne plus juger ses collaborateurs en fonction de ses propres projections, mais en fonction de ce qu’ils sont. De leurs propres limites et de tous leurs talents et non en fonction de ce que l’on peut interpréter ou extrapoler. Finalement s’ouvrir à une relation intégrale et non partielle.

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